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Pour cette fois, le week-end ne fut pas consacré à la réalisation d'une pâtisserie. Ma belle moitié m'avait réservé deux nuits d'hôtel pour aller faire le tour de quelques grandes pâtisseries de Paris. Quelques noms s'imposaient: Hermé, Conticini, Lahrer... et en premier lieu , un passage chez G . Detou, une grande enseigne parisienne où on trouve  des produits de pâtisserie habituellement disponibles en grande quantité et ici conditionnés au détail.

 Ce fût un accueil bien sympathique et nous en sommes ressortis avec la proposition d'aller  à  "L'éclair de génie" chez Christophe Adam. Il était prévu pour un second patiss'tour, mais comme il ne semblait pas trop loin, nous nous y sommes rendus.

L'éclair de génie, c'est une petite boutique dans le 4ème. Il y avait à 11h du matin peu de monde. L'accueil fut agréable, quant aux éclairs, quelle fête! On pourrait faire un patiss'tour de deux jours rien qu'à cette adresse car il y a de nombreuses propositions  très alléchantes. Le choix s'est porté sur un éclair fruits-de la passion-framboises et sur l'éclair du jour: chocolat au lait- mangue. Coût d'un éclair: 5€50. Pour être sûr de tous les emporter, ma compagne m'a offert le livre de Christophe Adam en espérant que je les réalise à la maison. On va s' y coller, c'est sûr...pour ce qui est  d'atteindre le niveau de réalisation observé ?

Quant au goût, que dire: c'est bon, léger et ample à la fois. C'est multiple aussi: une sensation en amenant une autre avec une longueur en bouche. Une heure  aprés, on ressentait encore les parfums. Cette histoire de pâtisserie à thème autour des éclairs respirait la bonne idée marketing. Elle est parfaitement concrétisée. C'est vraiment bon, et beau.

Deuxième étape: la Pâtisserie des rêves, Philippe Conticini. Un autre voyage. Là on sait que ce sont des pâtisseries plus classiques qui ont été travaillées avec une ligne directrice: réveiller les plaisirs d'enfance que je définirais en deux points: bon et gourmand  On trouve dans la boutique en individuel de la Tarte Tatin, du Saint-Honoré, du Paris-Brest, de la tarte à la rhubarbe, à l'orange.... Pour nous le choix s'est porté sur une tarte citron-meringuée et la tarte du jour: pâte sablée, coeur de mangue, mousse citron et enrobage chocolat blanc..  Nous souhaitions prendre un thé en même temps. Malheureusement nous nous sommes rendus dans la rue du Bac et le salon de thé se trouve dans la boutique rue de Longchamp dans le XVIème. Tant pis pour le thé., ce sera pour une prochaine fois. A la différence des éclairs, je pense qu'il faut se poser pour les manger. Nous l'avons fait dans le square d'à côté mais le thé aurait été beaucoup mieux. C'est une pâtisserie généreuse et raffinée à la fois. Il faut prendre son temps. Celui de la mâche, de se laisser envahir par les sensations, de se rappeler, d'engranger ces émotions gustatives, prendre le temps....encore un peu , et reprendre le temps.....Il faisait beau, c'était bien

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Dans le Télérama n° 3348 de mars 2014,  Philippe Conticini parle  de la pâtisserie comme d'un art majeur. Nous avons pris les choses sous cet angle,. Il y a de grandes expositions à Paris en ce moment. Nous en avons vu deux: Van Gogh-Artaud: le supplicié de la société et Bill Viola. Elles travaillent l'oeil, l'intellect, les émotions. Elles posent des regards sur le monde, sur le temps, sur nos vies intimes. Nous avons envisagé ce patiss'tour avec la même approche. Il y a des lignes, des inspirations qui orientent certains pâtissiers qui travaillent à la fois l'oeil et l'esprit mais aussi des sens propres à la matière même de la pâtisserie, à savoir l'odorat et le goût., une matière qui nous connecte à notre histoire et nos mémoires profondes,  et nous emmènent vers d'autres sensations, et d'autres émotions.

Le lendemain était le jour du marathon. Je pense bien, au vu des douleurs de la journée, du soir et du  jour d'après, que nous avons aussi fait le nôtre.

Première étape Stéphane Vandermeersh classé premier millefeuilles de Paris dans le Figaro et cinquième dans le Bec sucré parigot . Toujours à la recherche d'un millefeuille idéal, on ne pouvait pas échapper à la dégustation d'au moins l'un d'entre eux.  Le millefeuille de Stéphane Vandermeersch est assez classique de facture: une crème pâtissière vanille et trois  plaques de pâte feuilletée peut.-être plus assez croustillante à mon goût. Un millefeuille bien réalisé et à recommander compte tenu aussi du prix: 3,50€. Mais ce n'est pas celui que je chercherais à refaire.

Nous sommes ensuite partis sur les fins d'étapes marathoniennes pour tenter de  reconnaître  et soutenir parmi le flot d'agonisants, qui de la famille, qui des amis. Aprés avoir fait le trajet du 35ème au 41ème puis du 41ème au 35ème km, notre parcours à nous  s'est conclu  à bout de force et de souffle par une autre grande maison de la pâtisserie: Pierre Hermé de la rue Bonaparte.  C'est un peu un prêt-à-porter de haut-vol (je réserverai le terme de haute -couture pour les desserts à l'assiette). 

Difficile de résister, nous sommes repartis avec trois gâteaux pour 2. Le choix? Une tartelette infiniment vanille, un entremet Envie, et le monstrueux 2000 feuilles.

  • L'infiniment vanille, je l'avais déjà réalisé juste avant le démarrage du blog. C'était également un repère que je souhaitais trouver au cas où je le referais.
  • Le choix du 2000 feuilles pour vivre la richesse des textures et des saveurs. Il est incomparable.
  • L'entremet Envie au parfum de cassis et violette, comme pour boucler sur une note légère ce patiss'tour.

Question dégustation, nous avons à faire ici à une autre conception dans la pâtisserie boutique: une recherche de nouvelles associations de parfums, de formes, d'assemblages de textures. C'est un autre voyage. C'était magnifique.

Fin du patiss'tour,  fin du marathon.

Vive la vie.